Pour diminuer un temps soit peu le plaisir d'un coucher de soleil , tranquille sur son bateau , sirotant un bon vieux whisky ou dégustant un Havane capiteux ... il n'y a que :
MURPHY et son pote Mecanator
Leur imagination dépasse l'entendement et leurs devises sont :
la loi de l emmerdement maximal
une emmerde n'arrive jamais seule
Quand tout parait aller bien , attendez vous au pire
si 2 merdes valent mieux qu'une , tu en auras 3
etc....
voici un florilège de situations vécues sur TEVA
La pêche :
Prenez du fil nylon de 160 lbs (indispensable pour nourrir 3 personnes à
bord), un leurre comac, une canne et un moulinet flambant neuf, montez
sur un support inox vissé dans votre canot en acier, assurez la canne au
support, servez vous une bière et attendez que ça morde. bzzzzzzzzzz craacc et plus rien, le silence... quoique ce petit rire lointain, c 'est le marlin ou c'est Murphy ?
Plus rien, plus de canne, plus de moulinet, même le support a été arraché!
Ccl:
la prochaine fois : du 50 lbs c'est largement suffisant et si c'est trop gros
au moins ça pète et pour assurer la canne le taquet d'écoute de génois fera
l'affaire
L'enchaînement qui tue :
L'alternateur charge moins bien , le manuel du parfait mecano dit de
vérifier la courroie , effectivement elle est un peu lâche. dans l'exiguïté
de la cale je fais levier avec la brinqueballe de guindeau en appui sur le
collecteur d'eau et la clef de 13 entre les dents je resserre l'écrou (je
passe sur le fait que l'alternateur ne charge pas mieux pour autant) 2
heures plus tard , alarme de pression d'huile. température OK. vérification.
huile OK un peu sale. ça doit être le filtre qui est colmaté , vidange
changement du filtre : pas si sale et en le remontant ce
MN]VL de joint se
fout de travers, je redémarre confiant et plaf en 20 secondes 5 litres d
huile neuve viennent maculer des fonds déjà pas nickel chrome . Horreur je
viens de finir mon dernier bidon d huile . détail croustillant : il y a pétole et 3 noeuds de courant à l ouest , Teva est a l'extrême ouest de
l'archipel des Galápagos et il est 2h du matin. Au moins il y a de l'eau a
courir (3000mn!) Quelques heures après le vent revient et 1 heure après,
luttant au près contre ce MN]VL
de courant, l'arbre d'hélice ce détache du
tourteau, recule et bloque le safran RESTONS CALMES je rafistole tant
bien que mal l'arbre avec du bout et des colliers serflex pour l'empêcher de
reculer et nous voila repartis pour 48 h de près serré pour faire les 30 milles nautiques
qui nous séparent du premier mouillage possible et village dans l Est . Appel
sur le 16 pour être remorqué dans la passe : aucune réponse !! mise a l'ancre
à la voile ouf!
je trouve de l'huile , remonte le filtre correctement et BIIIIP
En fait les câbles des sondes pression et température étaient inversés . En
bridant l'alternateur j'ai provoqué ou amplifié une fuite de liquide de
refroidissement donc chauffe. Le moteur a peut être cogné un peu ce qui a pu
désolidariser l'arbre et le tourteau !!!
ccl: huile et liq de refroidissement de rechange et ne pas faire confiance
au soi disant spécialistes monteurs de moteurs (surtout en Guadeloupe)
La petite goupille
fendue
Traditionnellement l'étai et son enrouleur de génois sont fixés par des axes
inox sécurisés par des goupilles fendues , mais sur un gréement souple comme
celui de Teva (aurique), tout ça bouge . Or il suffit de l'équivalent d'un
coup de marteau pour cisailler net une goupille fendue si il y a un peu de
jeu ! Murphy ne s'en est surtout pas privé . Par un vent modéré de 15 20 knt,
BING! l'étai pendouille lamentablement, seulement retenu par la drisse de
génois et le mat reste en place grâce au bas étai
ccl : 1 bas étai + 1 drisse solide + boulons à filetage partiel + nilstop
Les pros du diesel
Teva avait un vieux Perkins 4108 arrivé en fin de vie a la suite d une forte
fièvre. tour des vendeurs de diesel : Sole base mitsu pas trop cher , vous me
le montez? mais bien sur . "C'est quoi tout ce fatra de tuyaux , on va vous
simplifier tout ça !" résultat après 30 heures de fonctionnement le Sole
tout rouillé à la casse : monté sous la flottaison les 'pros' avaient viré
tous les cols de cygne qui 'encombraient' la cale moteur , résultat un bol
d'eau de mer a chaque arrêt par la ou les 2 soupapes d'échappement restées
ouvertes
ccl : avant d acheter un canot passe ton BEP de diéséliste marin
Le sondeur blagueur
Pourquoi? pourquoi alors que mon sondeur ne rechigne jamais à m'indiquer
qu'il y a entre 35 et 50 mètres d'eau sous la quille, a l'approche d'un
mouillage ça remonte 13.. 10..7 et --- plus rien , demmerde toi coco, voir
pire, il indique 0,6 (la valeur d offset) très agréable et pas stressant du
tout
Pour pallier ce petit désagrément j'ai ajouté un autre sondeur neuf (furuno
neuf + nke vieillot)
ERREUR aucun des deux ne marchait , j'aurais dû y penser ils fonctionnent
grosso modo sur les mêmes fréquences et interfèrent l'un avec l'autre !!!
en désespoir de cause , c est la couleur de l'eau qui est la plus fiable et
la solidité de la coque acier qui rassure.
Le guindeau farceur
La future nav commençait bien, sortie du boulot de bonne heure avant la
nuit, une nouvelle équipière à bord à essayer de séduire, et bien qu'il
pleuve... on y va. Moi à la barre, elle au guindeau, les
recommandations d'usage: qd tu vois l'ancre sous la surface tu remontes
doucement pour pas embrocher la sous barbe toute neuve... 10m, 20m, 30m tout
va bien... là elle hurle "ça ne s'arrête pas" ...gling glong, ma sous barbe
hameçonnée par l'ancre, la chaîne ultra tendue, le moteur cale, ça fume dans
la cale à batterie. Je fonce à l'avant, elle est verte "c'est pas moi c'est
murphy..." Je lui prends la télécommande, rien. Le vent se lève on dérive à
reculons sur le bateau de derrière et les patates de corail. Essais de
larguer la chaîne à la main: rien elle est coincée par les 1200W du guindeau
qui tire toujours et l'extrémité de l'ancre dans le bout dehors... Je fonce
dans la calle à batterie, j'arrache les câbles qui fument en me brûlant les
mains, attrape la brinqueballe en guise de barre à mine, refonce à l'avant,
efforts surmultipliés par l'urgence je décoince la chaîne qui file... Teva
s'arrête... ouf !
Débriefing avec l'équipière toute pâle.
Qu'est ce que t'as fait? mais rien je te dis! qd j'ai voulu arrêter de
remonter ça s'est emballé au lieu de stopper! je démonte la télécommande: Un
petit bout de plastique de merde ( le condensateur ou murphy?) s'est détaché
et bloqué sous la touche "up"... ça a continué à tirer une fois au bout,
chauffé, pompé à donf les batteries sous le seuil de tension
nécessaire à l'alimentation du moteur et de l'alternateur ce qui a fait
caler le diesel et failli mettre le feu au bateau par surchauffe des câbles.
On fait quoi maintenant? shunt sur les batteries de service, redémarrage
sans pb, ça réalimente les batteries par les câbles pas complètement fondus
( on les changera à l'arrivée) cette fois c'est elle à la barre moi au
guindeau qui relève les 50m à la force des bras ( finalement je voulais
impressionner mon équipière! musclé le mec non?) et on part, de nuit dans la
tourmente pour 48h froid et humides dans le brouillard à Huahine.
Aujourd'hui l'équipière
est revenue à bord et j'ai installé un disjoncteur pour le guindeau
...
L'histoire des mâts qui fait l'objet d'un texte séparé en pdf